Les nouvelles technologies et l’impact environnemental – partie 2

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Les nouvelles technologies apportent un nouveau regard sur l’organisation de l’entreprise et du travail. Elles peuvent, avec une approche réfléchie, contribuer au développement durable et au respect de l’environnement. Partie 2/2.

Adapter

La gestion de serveurs virtuels et de ressources « élastiques » porte le nom de « Cloud Computing » dans la profession. La virtualisation et l’externalisation de services informatiques permettent également d’adapter le besoin en ressources au plus juste. Ressources en puissance de calcul ou capacité de stockage, création ou suppression de serveurs, on n’a désormais plus besoin d’un énorme serveur pour une utilisation à pleine puissance très épisodique. Par exemple, un site internet avec pointe événementielle, comme une inscription à un évènement, une promotion, ou une application très utilisée entre 8h et 8h10, mais à aucun autre moment de la journée ne nécessitent plus la mobilisation permanente d’un seul gros serveur prêt à encaisser la montée en charge utilisé seulement à 0,1% du temps. Imaginez une automobile Smart qui puisse se transformer en camion lorsque vous déménagez !

L’échelle et le réglage des besoins au plus juste permet d’économiser non seulement des ressources coûteuses (serveurs, stockage), mais également de l’énergie.

Délocaliser

Le terme paraît inapproprié à la responsabilité sociétale, et pourtant… Il s’agit d’une part de délocaliser hors de l’entreprise la gestion des serveurs physiques, tout en conservant leur accès et leur gestion à distance. Mais il s’agit également de délocaliser les centres de données.

En effet, grâce à internet, un serveur peut se trouver à l’autre bout du monde et rester instantanément accessible. Les machines ayant besoin de refroidissement, pourquoi ne pas installer les datacenters dans les régions froides, au nord. Les conditions climatiques sont devenues un critère presque plus important que la fiscalité du pays hébergeant le centre de données et l’on voit se développer dans les pays nordiques des datacenters « verts », moins gourmands en énergie que leurs homologues du sud. On imagine également implanter les datacenters près de sources d’énergie renouvelable : géothermie, énergie marémotrice ou barrage hydraulique…

Moins de papier

L’utilisation de nouveaux outils permet de limiter la consommation inutile de papier. Il est évident qu’un débat persiste sur l’impact écologique d’un ordinateur et de l’ensemble des serveurs nécessaires à la consultation d’un document PDF, contre l’impression et l’envoi physique à domicile d’un prospectus ou d’un livre. Mais tant qu’il n’est pas nécessaire d’imprimer le document, on peut espérer réduire rapidement l’impact global de la solution électronique. De plus, le confort de lecture sur les nouvelles tablettes et écrans tactiles ne cesse de s’accroître, les nouvelles générations étant plus à l’aise pour lire sur un iPad que leurs parents.

Moins se déplacer

Joël de Rosnay comparait la révolution internet à la découverte de l’imprimerie. Avant l’imprimerie, la connaissance n’était disponible qu’à un seul endroit : la bibliothèque qui renferme le manuscrit. Puis l’imprimerie a répandu l’écrit à tout endroit. L’internet répand aujourd’hui l’information à tout moment également.

Puisque les données sont accessibles depuis partout à tout moment, à quoi bon se déplacer physiquement pour retrouver son environnement de travail ? On utilisera les nouvelles technologies pour limiter les déplacements physiques et ainsi, économiser en combustible fossile.

Le télétravail est l’exemple typique de l’application des nouvelles technologies. Il est tout à fait possible aujourd’hui de concevoir un environnement de travail nomade, distant, complet permettant au travailleur d’accomplir sa tâche où qu’il se trouve. Bien sûr, on pense au travail à domicile, mais il est évident que nous trouverons de plus en plus de bureaux délocalisés, proches des lieux de résidence des travailleurs, permettant de séparer le lieu de travail du domicile, mais limitant les déplacements quotidiens, polluants, chers et fatigants.

La délocalisation des espaces de travail grâce aux nouvelles technologies permet également d’envisager un déplacement des entreprises ou de certaines équipes hors des grandes agglomérations mal desservies telles que la banlieue parisienne. La « mise au vert » des travailleurs peut apporter énormément non seulement en terme de qualité de vie pour la personne concernée, mais également en terme de productivité et de retour pour l’employeur.

Surfer sur les nuages

Bien sûr, le terme « nuages » donne un sentiment onirique. C’est pourtant le terme anglais « Cloud » qui qualifie lui aussi cette nouvelle façon d’utiliser les données sur internet. Nos données ne sont plus sur des supports physiques proches de nous, mais sur internet, sur des serveurs pour lesquels on gère efficacement la consommation électrique, disponibles en permanence et à tout endroit.

Pour l’entreprise, ça lui évite de gérer les sauvegardes, les accès distants, le stockage et l’achat de serveurs de données. Pour le travailleur, ça lui permet d’accéder à tout moment à ses données, à ses applications. Pour le particulier, ça permet d’accéder à ses musiques, ses photos depuis tous ses appareils sans avoir à gérer de serveur maison, énergivore et allumé en permanence pour une utilisation épisodique.

Le « Cloud », la virtualisation, l’utilisation de nouvelles technologies pour mutualiser et optimiser la consommation énergétique des serveurs sont autant de solutions qui permettront de consommer mieux l’énergie, de la répartir, d’éviter des déplacements inutiles, et de concilier confort de vie moderne et respect de l’environnement.

 

Stanis Humez est consultant en technologies web. Acteur depuis 15 ans dans les métiers de l'internet, diplômé de l'Ecole Centrale de Lille, il propose aux entreprises ses services en stratégie internet, gestion d'applications, d'architectures et de sites web et commerce électronique. www.netvolution.fr
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